FESTIVAL CINEMA ITALIEN 2020

FESTIVAL CINEMA ITALIEN 2020

Festival du Cinéma Italien d’Annecy. Edition 2020
Interview de Francesco Giai Via
Directeur artistique

Le cinéma italien ? Un cinéma populaire qui sait toucher le public.

Francesco, nous sommes jeudi 24, le Festival a commencé lundi. Est-il déjà possible de faire un point sur cette édition ?
Ça se passe bien avec cette formule hybride en raison des conditions sanitaires. Les retours sont bons, la plateforme marche très bien, les gens peuvent ainsi avoir très facilement accès aux films aussi bien en Suisse qu’en France et les séances en salles sont très satisfaisantes.
C’est une période particulièrement difficile pour les salles de cinéma, dans le monde entier. Les exploitants avaient peur mais il n’y a jamais eu autant de monde que pour les films du Festival depuis la réouverture en juin. Nous tenions à ce que des projections puissent se faire pour le public annécien.

Les contraintes actuelles vont peut-être déboucher sur des solutions utiles même lorsque, on l’espère, la situation sera redevenue « normale ».
Je pense que oui. Nous avions déjà des liens forts avec Genève, ils sont consolidés.

Si la plateforme est reconduite, il y aura possibilité de toucher tout le public français en plus.
Une remarque sur la sélection. Pour l’instant j’ai vu Palazzo di Giustizia et Padrenostro. Deux films très différents mais dans lesquels un enfant apporte un regard poétique ou onirique sur le monde faussement ordonné des adultes. Est-ce que ça nous dit quelque chose de la société italienne actuelle ? Du besoin d’avancer au-delà de sociétés comptables qui montrent leurs limites ?
Je me suis aperçu après avoir fait la sélection qu’il y a pas mal de regards d’enfants sur le monde des adultes. Ça fait partie des possibilités du conte cinématographique, bien sûr. Mais je suis avant tout en quête de films qui me surprennent, qui apportent de nouveaux regards, des ouvertures indispensables alors que nos sociétés ont besoin de se renouveler, alors qu’on ne sait ni où on est, ni où on va aller. C’est vrai, il y a les chiffres, les statistiques mais au-delà, il y a les gens et leurs histoires. Le cinéma a toujours été un outil privilégié pour entrer dans ces histoires.
Padrenostro part de faits vrais mais il est intéressant de voir comment le film recrée une histoire à partir d’eux.
En Italie, quand on parle de terrorisme, c’est toujours compliqué. Le réalisateur en était bien conscient, chacun a son avis sur la façon de raconter ce qui s’est passé. Ce conflit qui mettait en scène des communistes, l’extrême droite, revient sous d’autres formes qui font peur malheureusement dans notre présent.
On retrouve dans ces deux films la sensibilité du cinéma italien, la manière de filmer les gens. Les films étatsuniens reposent sur beaucoup d’effets spéciaux. En France, en Italie, les effets spéciaux sont naturels, ce sont les gens, leurs émotions, leurs relations.
C’est vrai. Nous n’avons malheureusement pas pu présenter certains films parce qu’ils n’étaient pas prêts à cause des problèmes actuels ; ils vont dans cette direction populaire qui fait partie de l’histoire de notre cinéma et que l’Italie veut relancer par la télé, les séries mais aussi par le cinéma.

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