Archives de
Auteur/autrice : admin1263

BUON NATALE 2021

BUON NATALE 2021

ANDREA CAMILLERI & MONTALBANO

ANDREA CAMILLERI & MONTALBANO

Andrea Camilleri & Montalbano : cuisiner la vérité

« Le manège des erreurs », roman posthume, clôt définitivement le cycle d’enquêtes du commissaire.
L’occasion de savourer l’héritage philosophique de cette œuvre commune…

– Le ragoût polar et cuisine
Montalbano est —était ?— un cuisinier hors pair en matière d’enquêtes. Il retravaille tous les ingrédients de ces ragoûts et salades qu’on lui fournit afin de retrouver le bon agencement. Ingrédients parfois sordides qui révèlent les tréfonds de l’âme humaine et se mêlent aux beautés de celle-ci. Sur cette ligne de rencontre se tient le parcours d’une enquête.


– Creuser les évidences, éveiller les sens

Entre les fleurs et la merde, vaste espace d’investigation ! La propension de l’adjoint Catarella à déformer patronymes, noms de lieux et autres souligne ce jeu avec la réalité.
Alors Andrea Camilleri n’est pas mort et Montalbano continue de retisser, de recuisiner les liens entre les personnes, les faits et les lieux, les informations pour parvenir à la seule recette juste.
Son appétit de gourmet/gourmand est rythmé par l’avancement des enquêtes, doutes, interrogations et illuminations. Excellent cuisinier en matière d’investigations, il dépend totalement, pour sa nourriture personnelle, de trattorie comme celle d’Enzo ou bien des plats que lui prépare son employée Adelina. Dans les deux cas prévalent la surprise, la fraîcheur et la simplicité.

– Qui enquête sur qui ? 
On peut considérer qu’Andrea Camilleri a découvert sa propre vie en écrivant et que Montalbano a d’abord enquêté sur lui-même, sur ses relations aux autres, au bien et au mal, à l’amour, sur sa propre identité et sur son créateur.

Désormais l’enquête est définitivement close mais continue de vivre par la force de la lecture. Parvenir à une forme de vérité consisterait-il à éliminer les erreurs ? Alors la vie elle-même serait un manège, étymologiquement, un exercice de recherche de la vérité.

Le polar camillerien est donc une application du fameux “Connais-toi toi-même”.

Par Paul Rassat    
le 5 décembre 2020    

JOSEPH PALENI HISTOIRE OU THEATRE

JOSEPH PALENI HISTOIRE OU THEATRE

Elle est vraie ton histoire ou c’est du théâtre ?

Ami-e-s de Vicenza,
L’un de nos adhérents, d’origine italienne, Joseph Paléni, a produit récemment un livre dans lequel il retrace son parcours artistique et culturel. Son ancrage à Seynod et à l’Auditorium pendant 25 ans en est un volet. Il y est bien sûr question de théâtre mais aussi des enjeux de la culture à Annecy et bien au-delà.
Pour la naissance de « Elle est vraie ton histoire ou c’est du théâtre ? » , Joseph a été assisté par Paul Rassat.
Le livre est bien né, vous pouvez vous le procurer à la Fnac, chez Decitre, Cultura… (voir sur internet) pour la modique somme de 13 euros.

Un sphinx. Il vous parle, mais ce n’est que pour extraire vos propres énigmes. Voilà Joseph Paleni, né entre le lac d’Annecy et la montagne d’Âge. Très tôt saisi par la fièvre de la création grâce à une politique culturelle avant-gardiste à l’époque, il a pu saisir la balle au bond et en devenir l’enfant.
Très jeune, il découvrira le monde magique de la culture et de la création théâtrale et il bondira à pieds joints dans ce bouillon. Il en aura rencontré des hommes remarquables, Jean Dasté, Alain Cuny, Gaby Monnet, Alain Françon, Valère Novarina, et bien d’autres, qui l’influenceront, le formeront, l’apprécieront.

Homme de la scène, il aurait pu rester à Paris, chez Guy Rétoré ou Lucien Attoun tourner dans toute la France, prendre la grosse tête, mais il a su maîtriser le cours de sa vie et se fixer là où il avait le plus et le mieux à faire : en son pays, heureux comme Ulysse.
Maillon essentiel de la transmission de la culture dans le bassin annécien, il aura dirigé pendant vingt-cinq ans l’Auditorium Seynod, fait venir la jeunesse, invité des artistes exceptionnels, provoqué des découvertes suscité des vocations… bref, de la création, de la vie en somme.

**********

L'avis de l'éditeur
Ce livre n’est pas un adieu à la scène, ni à Seynod, juste une pirouette de saltimbanque au-dessus du regard émerveillé des spectateurs. Joseph nous y parle de sa vie, un peu, du théâtre, beaucoup, mais il en profite aussi pour remettre les pendules à l’heure en matière de culture, et il ne garde pas pour lui son inimitié à l’égard d’une politique culturelle qui ne correspond ni à ce qu’elle devrait être, ni aux enjeux de l’avenir.

Jacques André éditeur 5 rue Bugeaud – 69006 Lyon tél 04 78 266 209 edition@groupe-cei.com http://www.jacques-andre-editeur.eu/ distribution Générale Librest

Pour en savoir plus, pour commander en ligne
http://www.jacques-andre-editeur.eu/web/
112 pages 20 x 14 cm 13 €
978-2-7570-0450-0

FIGLI

FIGLI

J’ai eu le plaisir de voir le film Figli pendant le festival du film italien…
C’ est une comédie douce-amère de la société italienne dont les protagonistes sont des quadragénaires face au chaos créé par l’arrivée d’un deuxième enfant…
On assiste à la descente aux enfers de parents démunis face au manque de sommeil, aux changements quotidiens pour la mère enfermée à la maison, aux problèmes du père débordé qui ne pense qu’à s’enfuir de la maison…
Puis viennent les disputes, les récriminations, le désamour, les reproches…l’arrivée du petit frère venant rompre l’équilibre de la famille, la fille ainée en colère harcèle ses parents qui cherchent désespérément l’appui des grands parents…
Mais là aussi aucune aide à attendre ,les grands-parents veulent profiter de la vie, voir des amis, s’amuser . On est loin du modèle des grands-parents d’antan qui s’occupaient essentiellement des petits enfants…
La société change, les rapports intergénéra-tionnels aussi mais la vie continue.

Evelyne Marteau   

FESTIVAL CINEMA ITALIEN 2020

FESTIVAL CINEMA ITALIEN 2020

Festival du Cinéma Italien d’Annecy. Edition 2020
Interview de Francesco Giai Via
Directeur artistique

Le cinéma italien ? Un cinéma populaire qui sait toucher le public.

Francesco, nous sommes jeudi 24, le Festival a commencé lundi. Est-il déjà possible de faire un point sur cette édition ?
Ça se passe bien avec cette formule hybride en raison des conditions sanitaires. Les retours sont bons, la plateforme marche très bien, les gens peuvent ainsi avoir très facilement accès aux films aussi bien en Suisse qu’en France et les séances en salles sont très satisfaisantes.
C’est une période particulièrement difficile pour les salles de cinéma, dans le monde entier. Les exploitants avaient peur mais il n’y a jamais eu autant de monde que pour les films du Festival depuis la réouverture en juin. Nous tenions à ce que des projections puissent se faire pour le public annécien.

Les contraintes actuelles vont peut-être déboucher sur des solutions utiles même lorsque, on l’espère, la situation sera redevenue « normale ».
Je pense que oui. Nous avions déjà des liens forts avec Genève, ils sont consolidés.

Si la plateforme est reconduite, il y aura possibilité de toucher tout le public français en plus.
Une remarque sur la sélection. Pour l’instant j’ai vu Palazzo di Giustizia et Padrenostro. Deux films très différents mais dans lesquels un enfant apporte un regard poétique ou onirique sur le monde faussement ordonné des adultes. Est-ce que ça nous dit quelque chose de la société italienne actuelle ? Du besoin d’avancer au-delà de sociétés comptables qui montrent leurs limites ?
Je me suis aperçu après avoir fait la sélection qu’il y a pas mal de regards d’enfants sur le monde des adultes. Ça fait partie des possibilités du conte cinématographique, bien sûr. Mais je suis avant tout en quête de films qui me surprennent, qui apportent de nouveaux regards, des ouvertures indispensables alors que nos sociétés ont besoin de se renouveler, alors qu’on ne sait ni où on est, ni où on va aller. C’est vrai, il y a les chiffres, les statistiques mais au-delà, il y a les gens et leurs histoires. Le cinéma a toujours été un outil privilégié pour entrer dans ces histoires.
Padrenostro part de faits vrais mais il est intéressant de voir comment le film recrée une histoire à partir d’eux.
En Italie, quand on parle de terrorisme, c’est toujours compliqué. Le réalisateur en était bien conscient, chacun a son avis sur la façon de raconter ce qui s’est passé. Ce conflit qui mettait en scène des communistes, l’extrême droite, revient sous d’autres formes qui font peur malheureusement dans notre présent.
On retrouve dans ces deux films la sensibilité du cinéma italien, la manière de filmer les gens. Les films étatsuniens reposent sur beaucoup d’effets spéciaux. En France, en Italie, les effets spéciaux sont naturels, ce sont les gens, leurs émotions, leurs relations.
C’est vrai. Nous n’avons malheureusement pas pu présenter certains films parce qu’ils n’étaient pas prêts à cause des problèmes actuels ; ils vont dans cette direction populaire qui fait partie de l’histoire de notre cinéma et que l’Italie veut relancer par la télé, les séries mais aussi par le cinéma.

GEORGES SPRUNGLI

GEORGES SPRUNGLI

Georges Sprungli, peintre et homme de passion.

Rencontre avec un artiste, peintre, musicien, profondément attaché à sa ville d’Annecy parce qu’attaché viscéralement à la vie et à ce qui lui donne sens.

Une charmante maison nous accueille à Veyrier. Elle semble avoir été conçue pour l’activité de peintre. George nous reçoit dans la salle de cours aux murs tapissés de tableaux.
On y voit des influences, bien sûr. Modigliani, Cézanne et Matisse de qui j’avais vu des rétrospectives à Paris ou ailleurs.
– Vous êtes musicien aussi. On sent un rythme dans votre travail.
Quand on est vraiment impliqué, c’est toute une aventure qui se propose, qui va se déployer. Composer une peinture sur une surface, c’est déjà décorer celle-ci. Pour moi portraitiste, ça veut dire que le portrait doit être agréable à regarder, sans qu’il soit une photo, mais que de loin aussi on reconnaisse le sujet. Avant tout, le portrait doit être décoratif.
Je ne dois jamais oublier l’importance de la composition, le jeu de rythmes, de couleurs, de contrastes, une forme d’originalité – qui ne peut être que la mienne – . J’y ajoute parfois d’autres choses que j’ai expérimentées après avoir bien fréquenté les musées, comme juxtaposer des couleurs criardes, un peu vulgaires à des couleurs recherchées. Idem pour les formes. Il faut chambouler un peu les compositions traditionnelles. On est vraiment partie prenante dans cette recherche, on est impliqué, envahi, parfois submergé par cette passion.
C’est une véritable aventure. Elle est belle quand on la joue vraiment, quand on la prend à bras-le-corps. Cette passion dont vous êtes témoin m’a envahi, elle est ma vie. Malgré les doutes, les difficultés, c’est un bonheur quand on arrive à accomplir une petite partie de ce qu’on veut, de ce qu’on imagine.
– Il y a une distance entre l’intention et la réalisation ?
Toujours.
– Il est possible d’être surpris agréablement ?
Heureusement.
D’où vient mon inspiration ? C’est un problème subtil. Il y a des paysages, par exemple, qui nous plaisent mieux que d’autres. Un jour, sous l’influence de mes gamins, j’ai décidé de rester à Annecy alors que j’avais prévu d’aller vivre à Paris et à Cannes.
Je ne me faisais pas beaucoup de soucis à Annecy parce que, pour le portrait, j’ai beaucoup d’amis, même si ici la compréhension de l’art n’est pas une priorité. Restait la question du paysage. Le lac d’Annecy est tellement beau ! Mais je m’étais dit « Surtout, ne tombe jamais dans la carte postale ! »
– Entre le décider et l’accomplir, comment on fait ?
Ben voilà ! Ça demande pas mal de réflexion, une volonté. J’ai toujours déchiré mes travaux qui m’ont semblé médiocres, sinon je les reprenais jusqu’à produire quelque chose de sérieux. J’ai peu détruit, finalement, je reprenais le plus souvent.
Je suis donc resté à Annecy alors que j’ai, du côté de ma mère, une ascendance genevoise. Mon grand père, né à Genève, avait la nationalité française et a fait la Guerre de 14. Mon père était genevois lui aussi. J’ai les nationalités suisse et française.
J’ai été trois ans en Algérie pendant la guerre. En Kabylie. Beaucoup de copains faisaient des dépressions, moi, je me sentais bien parce qu’en Kabylie je retrouvais une atmosphère montagnarde comme ici. Des gens un peu durs mais avec qui je pouvais parler.
– Nous rejoignons l’atelier de George, à l’étage pour continuer la conversation. Au passage, des œuvres de jeunesse, 900, rangées les unes contre les autres. Des styles divers.
Mon véritable atelier est là. C’est chez moi, c’est vraiment chez moi. Un lieu sacro saint. C’est là que je fais le portrait des gens.
La montagne nous surplombe.
Je suis plus près du paradis. En ce moment je travaille sur le portrait de mon petit fils, je travaille aussi sur…
Quand j’avais 17 ans, à Lyon, je suis passé devant un magasin d’antiquités, j’y ai vu un violon que j’ai réussi à m’acheter. Regardez, je le représente là avec mon modèle.
Ce que vous voyez là, je l’ai fait aux Beaux Arts, à Genève, en 55. On recherchait quelque chose de très épuré. La simplification maximale. J’adorais cette recherche.
Mes années d’apprentissage à Genève ont été les meilleures parce que les Suisses ont cette préoccupation de préserver la jeunesse.
– Pour revenir à la simplicité, elle permet ensuite d’en jouer et de trouver sa véritable personnalité.
Exactement. La création est un domaine très particulier parce qu’il y a énormément de questions à résoudre. Après être arrivé au dénuement complet de la simplification, on ne peut que rebondir.
La création comporte tellement de paramètres qu’il n’y a pas une seule solution. La solution, c’est celle que vous inventez, d’où la notion d’aventure.
Quand on s’engage dans la jungle, on essaye de trouver son chemin. On réussit ou non. Le plus malin réussit. Mais il faut une bonne technique, une solide expérience.
Mon père architecte était amateur de musique, de peinture, de sculpture. On allait en Italie chaque fois qu’on pouvait, à Venise, à Florence. J’ai eu de la chance parce que mes parents m’ont vraiment mis sur orbite. Ils ne voulaient que je devienne peintre mais ils ont tellement fait qu’ils ont été obligés de se rendre à l’évidence : je ne pouvais pas faire autrement.
Mon père était un grand amateur d’art lyrique aussi. Nous allions au Grand Théâtre de Genève. Après avoir écouté Jean Marais seul sur scène pendant deux heures, en rentrant, j’avais envie de peindre !
Là vous avez des affiches pour le Festival d’Annecy. Celle-ci date de 1999. Il y en a une autre où l’on voit le château. Elle m’avait valu les compliments de Georges Grandchamp.
J’ai eu beaucoup de chance d’avoir ces parents, des chorales, des espaces de musique, d’avoir rencontré cette vieille dame qui voulait absolument me vendre la maison dans laquelle un atelier m’attendait ! Et puis ma femme a accepté que j’exerce cette activité qui n’était pas considérée comme un travail.
J’ai joué avec la chance et je l’ai attrapée au vol. Je dessine depuis l’âge de 9/10 ans. Geneviève Gaillard, mon professeur de piano, voulait que j’exerce une profession musicale. A un moment, je faisais d’ailleurs plus de piano que de peinture. J’ai arrêté jusqu’à mon installation ici puisqu’il y avait un piano à queue qui m’a été vendu avec la maison.

– La conversation passe de tableau en tableau, de modèle en modèle, pour arriver à l’une des nombreuses scènes de jeunes femmes au bain.

Quand j’étais en Grande Kabylie, le soir avec les copains savoyards, on parlait de notre pays. De ce qu’on y faisait, de ce qu’on aimerait bien y retrouver. Les copains étaient épatés « T’habites Annecy ! » Je leur répondais qu’en sortant du lycée Berthollet, on allait au lac avec les copains. Il n’y avait jamais personne. On se baignait même aux petits escaliers de l’abreuvoir. La fenaison se faisait sue le Champ de Mars, qui est devenu le Pâquier. Un gars nous sifflait chaque fois qu’on entrait dans l’herbe. Comme j’avais l’autorisation d’utiliser à loisir l’embarcation d’un batelier, j’emmenais les copains dans les roseaux de l’Impérial, on y trouvait des carpes, des brochets, des foulques, toutes sortes d’animaux, et tout d’un coup, quand on s’enfonçait dans les roseaux, on tombait sur une barque avec des femmes  toutes nues !
Je disais à mes copains « Je garde un souvenir de cela parce que c’était beau. » C’était très beau et je voulais peindre un jour ces femmes dans les roseaux.
Ce rêve évoqué en Kabylie, je n’arrivais pas à le représenter quand j’ai commencé. J’ai abandonné pendant deux ans. Quand je m’y suis remis, c’est parti au quart de tour. Il m’a fallu 10/15 jours pour terminer. J’ai mêlé des esquisses déjà réalisées à un travail de pose avec des modèles.
– De l’atelier, au premier étage, nous descendons à la cave où sont entreposés deux panoramas de 6 mètres de large chacun.
J’ai réalisé deux versions du même panorama, la 2° plus décorative, avec des effets de couleurs. La 1° est un cri du cœur ! C’est ma ville, mon patrimoine. J’ai vécu toute ma vie avec ça devant les yeux. Combien de fois j’ai pu arpenter l’avenue d’Albigny, avec vue sur le château, les 3 clochers !
Lycéens, on venait se baigner là et on avait l’impression que c’était à nous. Je n’ai pas représenté de gens parce que j’étais soucieux de parvenir à une sorte de vérité. Il est difficile d’avoir vécu tout jeune dans une ville, de l’avoir vue se transformer.
Avec l’âge ressortent des souvenirs de jeunesse. J’ai beaucoup aimé ma ville, tout ça.
Je me souviens des Allemands réunis devant l’Hôtel de Ville, camions, blindés, pour partir aux Glières. On ne savait pas pourquoi. Je voulais voir, mais ma mère m’a dit « Allez, viens, viens ! » Elle pressentait quelque chose.
Tout ce que je dois à ma ville, je l’ai jeté là-dedans.
Quand je l’avais exposé à La Savoyarde de Talloires, j’avais inscrit comme légende Lac d’Annecy depuis l’Abreuvoir. Je vous disais que la fenaison se faisait sur ce qui s’appelle aujourd’hui le Pâquier. J’ai vu le paysan amener les bœufs ou les chevaux sur ces marches d’escalier pour qu’ils boivent au lac. D’où le nom d’abreuvoir.
Je l’ai dit, ce sont mes enfants qui ont insisté pour que je reste à Annecy. Pour que mon panorama soit à la hauteur de la ville, il a fallu que je me demande ce qu’est l’art, ce qu’est une représentation artistique. Combien de fois mes élèves ont souhaité représenter le lac en aquarelle ! Le 1° impératif à toujours été : pas de carte postale !
Pour peindre quelque chose de cette dimension, c’est comme pour écrire un discours : il ne faut pas perdre le fil de sa pensée. Ici, c’est la beauté du fond du lac, avec la ville qui est sur son verrou, toutes les falaises qui ont été érodées depuis la présence d’un glacier. Il s’agit d’un lac alpin, enserré dans ses montagnes. La couleur de l’eau ! Ces jours-ci, elle est turquoise.
– George évoque le changement des couleurs au gré des saisons, le Semnoz qui bleuit en fin d’hiver.
A travers ce que je vous ai dit, peut-être avez-vous senti la difficulté d’une aventure pareille.
J’y ai beaucoup été aidé par les femmes. J’ai été dopé par énormément de mes modèles qui voulaient que j’y arrive. L’une d’elle, que je peins actuellement, me donne l’impression d’avoir 30 ans.
Etre seul fait partie de l’aventure picturale, cette solitude est plus forte dans une ville de province qu’à Paris.
Arrivé à 83 ans, je fais un peu le bilan. En ce moment, j’écris sur la peinture.
Je l’ai déjà dit, j’ai eu de la chance. Mes modèles se battent pour moi ! Les femmes ont un esprit curieux, elles n’abdiquent jamais. Mes modèles féminins et moi menons pratiquement le même combat.

LECTURES à partager

LECTURES à partager

Partagez les lectures que vous avez aimées
qu’il s’agisse d’auteurs italiens ou bien d’auteurs français (ou autres)
ayant écrit sur des thèmes en relation avec l’Italie.

Andrea Camilleri
Ses romans mêlent la truculence de la langue à celle de la gastronomie, le regard acéré de l’auteur sur la politique et la société aussi bien internationales qu’italiennes, l’imparfaite humanité de son héros, le commissaire Montalbano, qui se découvre à travers les enquêtes qu’il mène.
Ses derniers titres :
La pyramide de boue
Nid de Vipères
Noli me tangere
Une lame de lumière…
« _ Et comme deuxième plat, j’ai des sérioles à la mode de ‘Sposito.
_ Et qui est c’te ‘Sposito ?
_ Le cuisinier napolitain qui m’a appris la petite sauce.
_ Et comment elle est ?
_ D’abord, elle paraît douce mais tout en dessous elle est aigre. Une sauce qu’on peut qualifier de trompeuse.
_ D’accord.
Ce fut peut-être l’effet de la petite sauce, mais il sortit de la trattoria d’humeur batailleuse. »

Antonio Manzini
L’écriture de Manzini joue entre humour et cynisme pour nous plonger dans le sordide quotidien.
La course des rats
Piste noire
Maudit printemps
Un homme seul
Mario Rigoni Stern
Pour le regard qu’il porte sur la guerre, sur les hommes, sur la nature.
Umberto Ecco
Immense érudit dont on connaît essentiellement les romans, comme Le nom de la rose.
Comment voyager avec un saumon pousse l’humour jusqu’à l’absurde comme le montrent ces disciplines universitaires pour « Une université d’insignifiance comparée
Département d’oxymorique :
Urbanistique tzigane
Œnologie musulmane
Codes de déviance
Histoire des traditions novatrices…

Primo Levi 
Nuccio Ordine
L’utilité de l’inutile
Livre particulièrement utile pour réfléchir au confinement et à certaines révisions utiles concernant le fonctionnement de nos sociétés.

Dominique Fernandez
Porporino ou les Mystères de Naples.
Livre dans lequel se rejoignent l’Histoire et le roman sur le thème des castrats.